JE L'AI FAIT!!!! J'Y ETAIS!!!!!
Comme en témoigne mon superbe porte clé médaille gravé et daté (acheté dans une improbable boutique perchée au milieu de nulle part).
Je l'ai gravie! je l'ai parcourue! Je l'ai vaincue! Je l'ai foulée de mes pas hésitants, par un vent glacé à décorner les boeufs, après deux heures de grimpette harrassante... Je l'ai découverte
sur quelques kilomètres en plusieurs heures. Elle m'a faite glisser, tomber, a ecorché ma main, a été dure et magnifique....
Ok, c'est pas l'Eversest (pas encore...........), mais quand même... LA GRANDE MURAILLE!!!!!!!
Un réveil douloureux à 6h du mat pour un départ à 7h, un petit déj acheté à la sauvette dans la rue (mais délicieux, à basse de boules de pain blanc fourré aux légumes et à la viande pour bien me
caler), 2h30 de minibus bringuebalant, cahotant, pour sortir de l'immense Pekin, un passage devant la grande muraille touristique de Badaling, rénovée et assaillie de centaines, voir de milliers de
chinois en weekend venus comme moi grimper la chose, mais à la façon Disney qu'ils apprécient tant, et me voilà arrivée dans un petit village, paumé au find fond de la Chine.... une centaine de
maisons à tout casser.

J'ai fait la connaissance de ma guide, une petite vieille super gentille
qui avait au moins 75 ans, toute courbée et voutée, mais d'une vitalité étonnante. sa famille tient la seule pension du village. Elle grimpe comme un cabris, limite en sautillant, avec sa
canne.
Elle ne parle pas anglais. Mais on se comprend quand meme par signe.
Elle était rigolote, à s'arrêter d'un coup pour aller faire pipi dans les fourrés, et à se marrer en me proposant d'en faire autant!!
Un étonnant petit bout de femme, tout tordu, avec des jambes arquées, ses petites chaussures traditionnelles et son grand sourire. Dire que c'est elle qui me tendait la main pour m'aider et me
guider dans certains passages....
On a commencé par marcher sur un petit sentier qui sillonait les collines tout doucement au départ.
Tout tranquillement.
Avant de devenir beaucoup plus pentu...
Ceux qui me connaissent bien savent à quel point j'adore marcher, et à quel point je suis douée pour ça.... Hum hum.
Bref, j'ai commencé au bout d'une heure à avoir les mollets en feu, un bon point de côté et les joues brûlantes! :-D
On a ralenti un peu le rythme, meme si c'est super vexant d'obliger une petite vieille à ralentir!!!!
Le sentier était aussi ravissant qu'épuisant, meme si j'ai surtout regardé mes pieds en fait.... Y'a un moment où je me suis maudite d'avoir choisi l'option trek à la roots, plutôt que le bon vieux
téléphérique qui t'emmene en haut tranquillement....
Mais qu'est-ce que je foutais là???
Et puis on lève la tête et on l'aperçoit... Un bout de mur à atteindre.... plus haut...
Et puis je me force à me souvenir que j'ai décidé de marcher, d'avancer, pendant ce voyage. Alors je marche. Chaque petit pas me rapproche de mon but. Ok, je sais pas marcher. Ok je souffle. Je
traine mes kilos et mon sac à dos. Et mon appareil photo que je traquerais bien pour un mini, là, à l'instant précis... Le vent se fait plus présent à chaque mêtre...
Et puis j'y suis. M'y voilà!!! Le mur de pierre le plus fameux au monde. Je suis dessus...
On se pose un instant. et on grimpe jusqu'au petit poste de contrôle plus haut.... Je suis crevée mais contente, au moins je l'ai fait!
C'est sans compter que la ballade ne s'arrête pas là!!!!!
La muraille grimpe et descend sans cesse, se laissant découvrir à chaque sommet... Sur des kilomêtres.
On avance, inlassablement, en grimpant des marches de pierres, un reste de pavage.
Et je pense à l'énergie dépensée pour construire tout ça. Et aux soldats postés là en ronde des journées entières...
A chaque fois que j'atteinds le haut d'une montée, je découvre encore plus de muraille. Elle serpente. Continue à perte de vue. J'ai l'impression qu'on arrêtera jamais d'avancer. ça fait déjà
près de 5 heures que je grimpe, marche, me fait surprendre par les bourasques de vent...
car la muraille est étroite. et escarpée. J'avoue que je fais pas ma maligne!!!!
Heureusement que j'ai emporté de l'eau!
à un moment on arrive dans une des tours de garde, où est aménagé un petit stand. J'achete une nouvelle bouteille d'eau, en me disant que le mec qui est là doit y grimper chaque jour!!!
Mais bon sang de bon dieu, qu'est ce que c'est pentu et escarpé....
On doit s'aider avec les mains, limite monter à 4 pattes parfois... Ma guide me proposait gentiment sa main, et m'indiquait où poser mes pieds. J'avoue que parfois, arrivée en haut, quand je voyais
qu'on devait encore continuer, j'en avais limite marre... J'étais bien crevée...
Et puis l'état de la muraille est ici préservé... donc forcément ça aide pas, c'est plein de cailloux et de pierres!
On a croisé quelques chinois en trek également, avec leurs batons de skis et tout l'équipement pour marcher... Pas plus d'une dizaine de personnes en tout! C'était vraiment top d'avoir la muraille
pour moi comme ça... et de profiter des petites haltes qu'on s'accordait pour souffler...
Après quelques heures, on a fini par quitter la muraille pour descendre vers le village de ma guide... La descente a été aussi compliquée que la montée :-D Décidemment, je sais vraiment pas
marcher! j'ai meme atteri sur mon derrière sans façon en glissant sur de la terre....
J'avoue que retrouver la terre plate a été de l'ordre du soulagement cosmique! ouéééééé!!! je peux mettre un pied devant l'autre sans que ça tire, ni que ça fasse fonctionner des muscles inconnus
pour moi, et mis en chomage technique depuis 33 ans!!!!
Un délicieux repas m'attendait à la pension... Un riz exquis, fondant, avec plein de sortes de légumes du potager, des potirons sucrés et doux, du boeuf en sauce,... un vrai bonheur, succulent et
pour une fois franchement mérité!!!
On s'est posées au soleil toutes les deux ensuite. Je lui ai filé un petit billet en catimini, sans que sa famille le voit, et l'a enfourné avec un immense sourire dans ses poches. Faut dire
qu'elle a été super mimi, tellement attentionnée et patiente!
Bref, superbe journée. Et à mon retour le soir à la guesthouse, j'ai pas trop demandé mon reste! j'était morte!
VOUS DITES?