Bénévolat Cambodge

Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 10:26
Bonjour à tous,

Pour rappel, le Cambodge a un taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde. L'accouchement et ses suites est la 4eme cause de mortalité féminine.
Lors de ma visite à Koh Dach, j'ai pu visiter à de nombreuses reprises la maternité de Koh Dach.
Une petite maternité de campagne, perdue sur son ile cambodgienne.
La maternité/dispensaire est le point d'urgence des 22000 habitants de l'ile. Un accouchement tous les jours en moyenne.
Et des soins aux malades.
Sur place, 3 sage femmes cambodgiennes se relaient, et sont supervisées par un médecin cambodgien présent quelques jours par semaine.






















Les bâtiments ont été repeints à l'extérieur par une association allemande il y a quelques mois, offrant ainsi au regard une façade pimpante, décalée...

Ca a un petit côté bucolique, avec les chevaux ou les vaches qui trainent devant.

Bucolique, décalé... Hallucinant en fait.


Car lorsqu'on rentre, on est atterré par l'état des lieux.... L'hygiène n'est pas le mot d'ordre ici. On fait de son mieux, mais on a pas conscience de la nécessité d'entretien...

Un jour alors que je passais à côté, une petite fille est venue me chercher en criant, m'attraper par le bras et me guider jusqu'à l'intérieur. Son petit frère venait de naître.
Toute une famille était là, dans la salle de repos. Ils souhaitaient me présenter le bébé. Une vraie fête, car le petit avait la peau nettement plus blanche que la mienne! Et ça c'est le summum du chic... Que d'exclamations et de joie. Toute la famille se pressait autour des lits en bois, recouverts de nattes plastiques. Le petit, agé de 10 minutes, reposait tranquillement dans des torchons à la netteté approximative. J'arrivais d'un tour de 3h en moto, pleine de poussière. Et bien sûr, ils souhaitaient que je prenne le petit dans mes bras... Ils ont été super déçus quand j'ai expliqué tant bien que mal que je ne pouvais pas, n'ayant pas de moyen de me laver les mains (ou de me laver tout court en fait).

La maman reposait encore sur la table d'accouchement neuve dans la petite pièce d'à côté. En effet, Roger et son equipe de Pouma KohDach avaient livré cette table il y a quelques mois... Ainsi que du matériel de stérilisation...
Mais bon, faut quand meme souligner qu'il n'y a  pas l'électricité la journée sur l'ile, et on fait bouillir les instruments au gaz. Et pour le reste, on utilise une batterie de voiture quand il y a besoin...
La table était recouverte de toile cirée. Plus facile à rincer. Les instruments, on les rince à l'eau du robinet pendant le travail.

Après quelques instants, on a sorti la maman de la salle d'accouchement. Son mari est venu la prendre dans ses bras pour la porter jusqu'à la natte, avec son sarong tout ensanglanté. On lui a installé sa perf.
Ils m'ont ensuite poussée dans la salle d'accouchement pour me la montrer plus en détail. Pieds nus sur le sol encore poisseux de sang, je suis comme une conne à prendre des photos. La sage femme est en train d'éponger le sol. Et moi j'ai une boule dans la gorge à penser aux bébés qui me sont proches... Ma petite nièce si mignonne... Que je ne peux m'empecher de comparer avec les difficultés que rencontrent Axel et Atchun qui ont eu leur petite à Phnom Penh... Et puis là, ce petit dispensaire si pratique, surtout pendant la mousson quand les routes sont impraticables... Si pratique et si désuet....







Lors d'un passage ultérieur, j'ai rencontré à Koh Dach Catherine et Nathalie, de la fondation canadienne Kivna. Catherine a fondé cette association il y a deux ans, après avoir passé un mois à s'improviser "sage-femme de terrain" au cambodge, comme elle dit. Sans aucune formation médicale, elle était venue proposer son aide à un médecin khmer ayant étudié en France, et qui officiait en campagne. Elle a pratiqué ainsi plus d'une cinquantaine d'accouchements, formée par le médecin sur place, et obligée d'improviser sur place. Son expérience très marquante l'a ainsi poussée à monter la fondation, dans le but d'installer des maternités gratuites au Cambodge. Pour commencer... Car  cette jeune femme très dynamique pense déjà à la suite et espère agrandir son projet à d'autres pays du  tiers monde. Son amie, infirmière de formation, et elle, sont venues à Koh Dach pour estimer les besoins, et venir apporter leur aide par des dons de médicaments et si possible par de la formation complémentaire des sage-femmes sur place...
Nous avons décidé de concert de donner un coup de propre à la maternité, dans l'attente des travaux envisagés par l'association Pouma Koh Dach. En effet, des manques évidents de rangements pratiques et hermétiques, d'un point d'eau complémentaire etc sont à combler.
La table d'accouchement était mal positionnée, et ne permettait pas de pouvoir travailler correctement. Nous avons donc réorganisé l'espace et envisageons de nettoyer, repeindre, et éventuellement carreler la pièce. Nous verrons avec Pouma Koh Dach comment coordonner au mieux ces travaux.



Cette maternité me touche d'autant plus avec ce que je vis ici au quotidien avec mes amis de Phnom Penh... Et je souhaite de tout mon coeur avoir la possibilité d'agir. Et de faire vous faire réagir... Car bien sûr vos dons seront les bienvenus...



Par TiF. - Publié dans : Bénévolat Cambodge - Communauté : Tour du monde
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 21:41
Coucou à tous,

Je vis des moments fabuleux à Phnom Penh et à l'ile de la Soie, Koh Dach.

D'ores et déjà un grand merci à Anne, Gérald, Bettina, Fred, PL, Patrick, Natacha, Jeanick, Raphaelle, Vincent, Sophie, Constance, Catherine, Marie, Arnaud, Géraldine qui ont donné sa dimension à mon projet. Leur confiance m'est allée droit au coeur.

Un petit coup de avant / après pour le plaisir....

A ce jour, j'ai récolté 950 euros, soit 1425 $ environ.

Rénovation de la classe de maternelle : 692 dollars
Vivres pour 6 "paniers Vana" : 125 dollars

Il me reste donc à ce jour 406 euros pour la maternité.
J'espère que cette somme grandira encore lorsque vous lirez les articles suivants...

MATERNELLE AVANT:
MATERNELLE APRES :




Par TiF. - Publié dans : Bénévolat Cambodge - Communauté : Tour du monde
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 18:13
Bonjour à tous,

Comme je l'avais annoncé, ce stop au Cambodge a essentiellement été dédié à des actions de solidarité.
J'avais récolté des fonds via ce blog auprès de mes amis et de  mes proches.
L'association Pouma Koh Dach, les amis de Koh Dach, m'a beaucoup aidé et orientée pour pouvoir réaliser cette mission en quasi autonomie.
Chaque centime a été dépensé en  direct par mes soins et a servi pour l'instant à rénover la classe de maternelle de l'école du Wat Koh Dach (voir articles précédents), mais également à apporter des vivres à des femmes isolées, agées et/ou malades.
En effet, on pense souvent aux enfants, mais la vieillesse et la maladie sont également très difficiles dans un pays aussi pauvre que le Cambodge...
Le reste de la somme servira la rénovation et l'aggrandissement de la maternité. Mais ça, c'est une autre histoire ;-)

Je suis donc partie sur l'ile de la soie, alias Mekong Island, Koh Dach en khmer, à quelques km de Phnom Penh.

L'association m'avait indiqué des personnes à aider, qui avaient été identifiées auparavant, grace au voisinage, au marché etc, et tout particulièrement par Vana, l'épouse cambodgienne de Roger, le président de l'association.
La pauvreté au Cambodge est omniprésente. Et il est difficile de savoir où commencer tant les conditions de vie semblent difficiles pour notre regard d'européens.
Ici les critères sont les suivants :
- Femme seule / isolée
- Agée et/ou malade

En effet, il ne s'agit pas de faire de l'assistanat, mais d'améliorer le quotidien de personnes en difficulté. Et sur une ile comme Koh Dach, etre isolé pose de vraies difficultés.
Les pauvres ici mangent essentiellement de la brisure de qualité inférieure, équivalente à nos sacs de brisures de riz pour animaux. Elle coûte 300 riels le Kg ,mais pour qu'elle tienne un peu à l'estomac 400 grammes sont nécessaires par jour et par personne !
Vana, lors de sa première tournée de distribution de vivres, avait décidé de donner 25 kilos de bon riz, de l'huile, de la sauce soja et du poisson séché. J'ai donc décidé de faire préparer la même chose, un "panier vana" comme je l'appelle. Cela coute environ 20$, et permet de nourrir une personne pendant 3 mois environ.


J'ai donc rencontré 6 femmes d'age et de situations différentes.
Chacune a son histoire. Chacune est isolée. Chacune m'a touchée.




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Srey Sal :

    

Elle habite le long de la route principale.

Son histoire est simple. Veuve très jeune, elle s'est ensuite ruinée pour soigner sa mère malade pendant trois ans...
Seule avec deux enfants analphabètes, elle est à son tour malade. A priori l'hépatite et la tuberculose associée ...

Elle m'a reçue dans sa maison. Enfin... dans sa cabane en bambous. S'excusant de ne pas avoir pu mieux ranger.

Sous la maison, son métier à tisser, qui est sa seule source de revenus.

Dans les bambous sont accrochés une brosse à dent, un petit miroir, des petits ciseaux. Des détails insignifiants qui accrochent mon regard. Moi qui aie tout. 

                                                                              















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Yey Soy:


Les khmers rouge lui ont arraché un oeil, et l'autre ne fonctionne plus...
Elle vit seule et nous la rencontrons devant sa maison.
Elle vit dans le chemin qui part à droite du marché.

A priori, ses voisins s'occupent un peu d'elle, et sont ravis de nous voir lui apporter des vivres.
Son oeil vide et bleuté reflete le soleil.

Sa maison est une baraque en bois au bord du Mekong.
Toute de bric et de broc.
Un vrai crêve coeur.

Des voisines guident ses pas.
Elle est toute frele, toute tordue... Elle se précipite vers nous autant que ses jambes le lui permettent.

Elle touche mon visage avec ses mains.

Elle semble ravie quand elle comprend que Meng et moi allons revenir avec du riz.

Je reste devant elle comme une conne quand elle entame une prière pour me remercier.









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Yey Pâ:



Elle habite une maison avec un toit en tole... Srey Sokna (voir plus bas) lui tient compagnie...

Pour accéder jusqu'à chez elle, il faut prévoir de passer dans la boue, les détritus et la végétation. Sa cabane sur pilotis est cachée derrière d'autres.

Elle m'a reçue avec beaucoup de gentillesse en s'excusant que ce ne soit pas rangé, mais la maison est proprette et bien tenue, malgré un dénuement total.

Elle est sourde comme un pot, mais tout sourire...























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Srey Dyoun


Nous sommes partis avec Meng à la recherche de Dyoun. Arrivés à son cabanon, personne.
Au bout de quelques instants, des enfants sont venus, curieux. Ils nous indiquer que Dyoun était partie passer la journée au nord de l'ile. Une petite fille a pris son vélo, et est allée la chercher. Nous l'avons ainsi croisée sur le chemin, et lui avons donné rendez-vous plus tard, en lui annonçant qu'on reviendrait avec un panier pour elle.
Son histoire est très touchante encore une fois.
Aveugle de naissance, elle se retrouve toute seule, à la fin de la période khmère rouge...Revenue aveugle et seule, elle fut violée de nombreuses fois ... De ces viols est né un enfant, son seul soutien aujourd'hui ...
A cette époque des parcelles de terre sont distribuées aux familles revenues... La taille de la parcelle est généralement, calculée sur la base d'une façade de 10 m ,la profondeur théorique est de 60 mètres ...En pratique, il semble que la profondeur aient été aléatoire...Les familles se regroupèrent, et les plus grosses se sont vues attribuer des parcelles attenantes... Srey Dyoun a été lésée. Seule et sans soutien, impossible pour elle de revendiquer un bout de terrain. C'est à la croyance, qu'elle doit l'emplacement où elle a pu "s'installer" ... Au pied de ce grand arbre, se trouve un "hôtel" d'un LOK TA ... Le terrain n'appartient à personne sinon à l'ESPRIT du lieu...
Et c'est là qu'elle a sa cabane, un logement sommaire, au pied d'un arbre magnifique.
Elle nous a raconté que les khmers rouge torturaient ses yeux morts en les coupant avec des pointes d'aloe vera ou autre plante pointues...




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Srey Sokhna:


Madame SOKNA, veuve à 30 ans, atteinte du Sida.

Elle subit depuis 10 ans les conséquences des infidélités conjugales non protégées.
La fidélité au Cambodge est une denrée rare. Les hommes vont voir les prostituées très souvent.
Et vu la prolifération de karaoke, salons de massage et autres bars à filles, la tendance n'est pas prete de s'inverser. Le manque d'information est hallucinant. Meme si le gouvernement promet d'agir... Mais bon, c'est une ressource tellement évidente...
J'ai assisté à tellement de scènes, rencontré et parlé avec ces filles d'à peine une vingtaine d'années, mères, en charge de toute leur famille en province. Elles se donnent pour subvenir à leurs besoins. Et la famille ferme les yeux tant que l'argent arrive... Leur mari ferme les yeux également...  "Baiser c'est la seule solution que j'ai. Peut-être que je rencontrerai un jour un homme qui prendra soin de moi" me disent-elles  crument et simplement. Pendant ce temps, le VIH gagne du terrain.

Le Cambodge compte environ 14 071 000 habitants.

L’Onusida estime à 130 000 personnes environ le nombre de personnes vivant avec le VIH.

36% des femmes et des hommes infectées par le VIH bénéficient d’une thérapie antirétrovirale et 1.4% des femmes bénéficient d’un traitement réduisant la transmission mère-enfant dans le cadre des programmes nationaux.

[Source : Onusida, Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA, 2006]



Aujourd'hui, l'OMS donne au Cambodge des antirétroviraux... Les soins à Phnom Penh sont gratuits. Cette dame rencontrée accède donc à des thérapies, mais pour cela, il lui faut se rendre à PNH ... et tout déplacement représente un coût financier, même si le système D est souvent une réponse.


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Yey Maeu



Meng m'a emmenée chez cette vieille dame.
Après une minute, je retourne en moto à la GH récupérer la photo d'elle que Roger m'avait fait passer pour lui montrer...
Sur le chemin, je croise un long serpent qui se ballade tranquille en traversant le chemin! Bon, j'avoue, je me suis pas arretée pour discuter : j'ai plutot mis les gaz pour me dépecher d'arriver! :-D

Cette dame sourde de plus de 75 ans m'a reçue sur son petit lit de bambous, sous sa maison...

Etonnament alerte, toute en os, elle se hisse dans sa maison, sur sa natte, et trottine dans son bout de jardin.
Elle arrose ses quelques plantes.
Quelques légumes souffreteux qui poussent malgré tout.

L'eau de pluie est récupérée comme partout sur l'ile dans de grandes jarres... Ici, on voit le systeme de récupération en tole pliée, pour la jarre "vaisselle"...

L'ile est surprenante. Pleine de trucs et astuces de survie...

Encore une fois, le riz donne lieu à des remerciements sans fin. Et à des bénédictions à répétition....

Mais en fait, dans le fond de mon coeur, c'est moi qui le remercie de m'ouvrir les yeux et de m'apprendre à regarder...

Par TiF. - Publié dans : Bénévolat Cambodge - Communauté : Tour du monde
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